Foto: Holger Weinandt (Koblenz, Germany) 12.07.2011  Lizenz cc-by-sa-3.0-de

 

Fritz Dreyfuss naît à Cologne le 1er décembre 1896, fils de Wilhelm Dreyfuss, commercial, et de son épouse Fanny Hirsch. Du début 1916 jusqu’à la fin de la guerre, il est soldat, le plus souvent au tout premier front. Malgré trois maladies graves, il se porte par trois fois volontaire au front et obtient une décoration pour sa bravoure face à l’ennemi. En raison de blessures de guerre, il est suivi médicalement pendant des années, et doit subir 5 opérations sérieuses.

Après la 1ière guerre mondiale, il poursuit des études de droit et finance ses études en tant qu’étudiant en usine. Il est membre de nombreuses associations patriotiques. Dreyfuss entre au parti démocrate allemand (plus tard SPD) ainsi qu’à « l’étendard du Reich noir-rouge-or » (Reichsbanner schwarz-rot-gold)

En 1923, il obtient son premier examen de droit auprès de la cour d’appel de Cologne ; il est embauché comme stagiaire. Début 1930, il épouse Elisabeth Holz, non juive. Leur fils Hermann Wilfried naît dans la même année.

En 1930, Dreyfuss réussi le deuxième examen de droit et devient magistrat débutant au tribunal. Le journal de propagande nazie, « westdeutscher Beobachter » le porte en diffamation en tant que démocrate rectiligne.

Le 1er avril 1931, il est muté dans les services du tribunal d’instance de Coblence. A partir d’octobre 1932, il est au tribunal de grande instance de Coblence. Son appréciation professionnelle certifie ses aptitudes de conseiller aux tribunaux d’instance et de grande d’instance.

Début 1933: Dreyfuss est chargé de services au tribunal d’instance de Cologne.

31 mars 1933: Il est brutalement retiré de ses fonctions et est arrêté.

1er avril 1933: sur ordre du ministre de la justice de Prusse de la veille, Dreyfuss est démis immédiatement de ses fonctions pour « raison d’Etat ». Il proteste (hier j’ai été démis de mes fonctions dans lesquelles j’ai persisté jusqu’au dernier moment et j’ai été arrêté ». et rappelle ses mérites de guerre.

7 avril 1933: La loi sur la remise en état du fonctionnariat règle le licenciement des juifs dans le secteur public, en raison de non-fiabilité politique, prévoit cependant que les anciens combattants du front puissent rester dans leurs fonctions.

8 avril 1933: Le président du tribunal d’instance de Coblence met Dreyfuss en disponibilité pour une durée indéterminée. En mai 1933, Dreyfuss quitte Coblence avec sa femme et son fils et émigre à Strasbourg en Alsace.

14 juillet 1933: Il est contraint de demander à être démis de ses fonctions au service de l’Etat, il déclare renoncer à tout salaire, retraite ou pension de survivant.

31 août 1933: Il est licencié de ses services à la justice, avec effet immédiat, par le ministre de la justice de Prusse. Etant donné qu’en tant qu’ancien combattant il ne peut être licencié comme juif, il le sera pour non-fiabilité politique en tant que membre du parti socialiste (SPD). Dreyfuss ne retrouve pas de travail correspondant à sa qualification. Sans permis de travail, il trouve cependant quelques occupations occasionnelles comme conseiller juridique pour réfugiés, colporteurs et ouvriers ruraux et se débrouille financièrement.

Au nouvel an de l’année 1939 naît sa fille Erika Sylvia.

2 septembre 1939: Après l’attaque allemande en Pologne, Dreyfuss est déporté, comme d’autres réfugiés politiques allemands, dans un camp près de Langres (Fort Bonnel).

1er novembre 1939: Il parvient à s’échapper et survit à ses besoins grâce à des travaux d’occasion.

Juin 1949 Dreyfuss s’enfuit en Suisse où il est détenu dans différents camps.

Avril 1944: Dreyfuss est libéré et poursuit des études à l’université de Bâle.

Après la guerre, la famille vit à Genève.

Fritz Dreyfuss ne reprend plus pied professionnellement. Sa femme meurt en 1956. Leur fils et leur fille font leurs études et vivent plus tard à Strasbourg.

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